Tout est parti de l’institution, début février 2019, par la Cour constitutionnelle d’un certificat de conformité pour la validation des dossiers des partis candidats aux élections législatives prévues le 28 avril 2019.

Ce certificat de conformité, qui suscite tant de débats, n’est prévu ni par la charte des partis ni par aucune autre loi en vigueur au Bénin. Ce document en revanche permet aux deux blocs de partis se revendiquant du Président Talon (le Bloc Républicain et l’Union Progressiste) de participer aux élections législatives, sans être frappés par les délais d’enregistrement.

A cet obstacle de certificat de conformité s’ajoute la lenteur dans la délivrance des quitus fiscaux aux candidats de l’opposition. Pire, les quitus de certains candidats sont confisqués ou détruits. En tout cas, ces précieux sésames n’ont pas été remis à leurs titulaires pourtant en règle. D’autres candidats n’ont même pas reçu de réponse de l’administration fiscale. Ce qui renforce les soupçons de manipulation de la part des partis de l’opposition, dont les principaux sont l’Union sociale et libérale (USL) de Sébastien Ajavon, les Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) de Boni Yayi, la Renaissance du Bénin (RB) de Nicéphore et Rosine Soglo, et le parti Restaurer l’Espoir (RE) de candide Azanaï.

Quand on voit que le ministre de l’Intérieur, Sacca Lafia, est vice-président de l’Union Progressiste, l’un des deux blocs de la mouvance présidentielle (un ministre de l’Intérieur juge et parti), on s’étonne à peine que son ministère évoque des raisons fallacieuses pour justifier la mise hors-jeu de l’USL, des FCBE, de la RB et du parti RE, alors qu’ils ont représenté leurs dossiers corrigés. Au parti Restaurer l’Espoir de Candide AzanaÏ, le ministère de l’Intérieur a fait observer la différence entre la liste de ses membres fondateurs de 2006 et la nouvelle liste de mise en conformité déposée par ledit parti. Ce à quoi le président de Restaurer l’Espoir a logiquement rétorqué que le nombre de membres fondateurs déclarés en 2006 ne peut équivaloir à celui de 2019 conforme aux exigences de la nouvelle charte des partis.

Au parti USL de Sébastien Ajavon, on oppose la condamnation de son président d’honneur dans l’affaire des 14 kilos de cocaïne découverts dans ses conteneurs au port de Cotonou. Alors même que cette condamnation de la CRIET (Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme) frappée d’appel, et donc non définitive, n’apparaît pas dans le casier judiciaire dudit président d’honneur aujourd’hui réfugié en France.

Toutes ces tracasseries font dire aux partis d’opposition que le camp présidentiel a peur de leur victoire annoncée et de l’accession de l’ancien Président Boni Yayi au perchoir de la 8eme législature de l’Assemblée nationale béninoise.

Mouftaou Badarou