Les champions ont la particularité de toujours truster les premières places.

Le pilote marocain de l’écurie française Sebastien Lob Racing l’a encore démontré en décembre 2017 lors de la clôture de la World Touring Car Championship (WTCC) qui se déroulait sur le circuit Losail au Qatar. Mehdi Bennani avait largué tous les coureurs six jours d’affilée au volant de sa Citroën C-Elysée, avant de céder la première place à son équipier, le Britannique Tom Chilton, champion de la catégorie. Même s’il n’a pas pu terminer la course suivante, après un accrochage avec un concurrent, l’as marocain a glané 234 points sur les circuits internationaux et s’est hissé à la 6e place mondiale de cette catégorie WTCC, l’un des six champions mondiaux approuvés et organisés par la Fédération internationale automobile. A la différence de la Formule 1, les voitures utilisées en WTCC sont dites de tourisme. Mehdi Bennani a fait mieux au classement des pilotes indépendants (WTCC Trophy drivers), en terminant l’année 2017 au 3eme rang mondial avec 128,5 points. Le prodige marocain a ainsi mené 40 tours durant l’année 2017; prouesse qu’aucun autre pilote dans le monde entier n’a réalisée. Le champion du monde, le Suédois Thed Björk n’a mené que 13 tours en 2017 et son dauphin le Portugais Tiago Monteiro 36.

Un compétiteur chevronné

Le natif de Fès, qui ne rate jamais sa préparation physique quotidienne de trois heures, affiche également trois courses majeures à son palmarès : au Portugal, à Macao en Chine et en Hongrie. Le circuit de Macao, qui se déroule dans les ruelles de la ville, est réputé difficile et très dangereux et il faut faire preuve de réalisme et de sang froid pour aller au bout de la course; ces mêmes qualités qui ont assuré le podium à Mehdi Bennani sur les circuits de Marrakech, du Qatar, de l’Argentine et de Nürburgring en Allemagne. D’autant que le sport automobile éprouvant fait perdre au moins 2kg par course au compétiteur. Mehdi Bennani avait à cœur de se distinguer sur le circuit Moulay El Hassan de Marrakech parce que ledit site était celui de sa toute première épreuve en championnat du monde WTCC en 2009, au volant d’une Seat Leon 2.0 tfsi.

Le pilote chevronné a de qui tenir, sa mère Samira Bennani étant une championne de course auto sur circuit de vitesse fermé. Elle est d’ailleurs la seule femme arabe et africaine à ce titre. Le père Bennani, décédé en février 2017, était lui aussi pilote, et quatre fois champion du Maroc de moto cross. Il a fallu 5 ans de course à Mehdi pour gagner son 1er championnat WTCC, sur le circuit de Shanghai, le 12 octobre 2014. Mais avant la course automobile, le champion a commencé à pratiquer le karting en 1996 et remporté le championnat de cette discipline trois ans plus tard. Après plusieurs participations à des championnats d’Europe, avec des succès moyens, le passionné de sport nautique, de tennis et de squash débute donc le championnat WTCC dans son pays en 2009 sous les couleurs de l’écurie française Exagon Engineering, avec le soutien du roi du Maroc Mohammed VI. Il entrait ainsi de plain pied dans le sport automobile professionnel. Et il passe à la vitesse supérieure l’année suivante en participant aux championnats italien, portugais, espagnol et français avec la même écurie. Après une courageuse 20eme place à la saison 2010 sous les couleurs de l’écurie allemande Wiechers-Sport, Mehdi Bennani entre en 2011 dans l’écurie italienne Proteam Racing, ce qui lui permet d’engranger sa première victoire en WTCC en 2014 à Shanghai. Cette victoire sera déterminante dans sa sélection en 2015 par l’écurie de Sébastien Loeb, lequel est le coureur le plus capé avec 9 championnats du monde accrochés à son tableau.