Fadhel Guizani, directeur général de la Banque congolaise de l’Habitat :

« Mon défi personnel est de réussir au Congo l’expérience tunisienne en matière d’habitat »

La Banque congolaise de l’Habitat se veut le fer de lance de la politique du gouvernement congolais en matière de logements sociaux et d’infrastructures diverses. Fadhel Guzani, son directeur général nous rappelle ses objectifs et ses réalisations.

Propos recueillis par BILKISS SOULE

Quelle est la nouvelle politique de la Banque congolaise de l’Habitat après la récente augmentation de son capital ?

Nous nous réjouissons de l’attention bienveillante de nos partenaires sociaux, notamment le Gouvernement congolais qui a compris l’intérêt de renforcer en ressources le capital social de la Banque congolaise de l’Habitat, de 10 à 20 milliards, additionnés d’un prêt subordonné à l’immobilier de 15 milliards de Francs CFA. Cette augmentation du capital renforce davantage nos capacités d’intervention en matière de financement de l’immobilier, mission assignée à notre institution à sa création. Ce secteur exige des financements importants. Aussi les ressources actuelles permettront-elles à la BCH de financer pleinement des projets immobiliers avec un accent important sur la promotion du logement social. Nous espérons alors répondre efficacement à la demande des citoyens congolais à revenu modeste en logements décents. Il s’agit là d’un challenge à relever pour notre banque.

Quelles sont les grandes initiatives de la BCH dans le cadre de la politique de la municipalisation accélérée ?

La municipalisation accélérée est un plan de développement stratégique engagé par le Gouvernement de la République du Congo qui intègre la construction de grandes infrastructures, l’extension du réseau routier à travers les départements et localités du pays. C’est un indice de croissance et d’amélioration du tissu économique du pays, de plus en plus favorable à l’investissement. Grâce à cette politique du Chef de l’Etat, le Président Denis Sassou Nguesso, la Banque congolaise de l’Habitat peut aisément assurer son plan d’implantation sur l’ensemble du territoire national. Notre stratégie d’implantation dans les différents départements se fait parallèlement au lancement d’un projet immobilier d’envergure au bénéfice des populations.

Quelles sont les grandes orientations du plan stratégique de développement de la BCH adopté par son dernier conseil d’administration ?

Il s’agit en réalité du business plan définissant la stratégie de notre banque au cours des quatre prochaines années. Il prévoit en montant et en volume l’évolution de notre activité pendant cette période : les dépôts, les crédits à la consommation, les crédits immobiliers, etc. Cet exercice est très décisif pour notre institution car il prévoit le financement de plusieurs projets immobiliers. A terme, l’œuvre de la BCH sera visiblement représentative.

Quel est l’avenir de la BCH dans le paysage bancaire congolais ?

L’élan de développement du pays présage un avenir meilleur pour l’économie congolaise en général avec des indicateurs de croissance très rassurants. L’objet social de notre banque orienté vers le secteur de l’immobilier, nous place en position stratégique sur un segment porteur. Ce créneau sur lequel nous nous focalisons et qui restera encore avant longtemps notre apanage, demeure un créneau d’espoir pour l’ensemble des populations dont les besoins en logements sont énormes. En effet sur les dix banques opérant actuellement au Congo, seule la BCH exerce les rôles de banque universelle et de financement de l’immobilier. Dans ce sens, nous pouvons ainsi affirmer sans ambages que la BCH continuera de jouer un rôle important dans la politique de l’habitat au Congo.

Le taux de bancarisation au Congo est de 5%, comment se décline votre politique de banque de proximité ?

La question du faible taux de bancarisation au Congo demeure au centre de nos réflexions et nous n’y sommes pas insensibles. Néanmoins, en notre qualité de banque citoyenne, le Congolais à revenu moyen demeure pour nous un prospect de choix. Bien souvent, celui-ci est négligé par les autres banques. Nous estimons qu’en attirant cette frange de populations, le détaillant, le petit commerce, le vendeur au marché,… en leur proposant des produits adaptés, nous pourrions contribuer progressivement à la résolution de ce problème. C’est dans ce cadre que s’inscrivent nos campagnes permanentes d’ouverture de comptes aux étudiants. Pendant que nous envisageons la domiciliation des bourses, en même temps, nous nous efforçons d’inculquer la culture de l’épargne bancaire aux étudiants.

En tant qu’expert technique en mission au Congo, quels sont vos défis personnels ?

C’est dans le cadre de la convention d’assistance technique entre la Banque de l’Habitat de Tunisie (BHT) et la Banque congolaise de l’Habitat (BCH) que nous assurons la direction de cette banque. Le défi personnel c’est de réussir au Congo l’expérience tunisienne en matière d’habitat. Les prouesses réalisées dans mon pays dans ce secteur sont éloquentes. Aussi suis-je convaincu qu’avec les efforts de l’ensemble de mes collaborateurs, la BCH parviendra à réaliser ce noble objectif.