32 ans de bons et loyaux services et plus que jamais actif dans la production musicale, le directeur de Denidé Productions a reçu MANAGERS Afrique au siège de son label dans le 16eme arrondissement de Paris pour édifier les mélomanes sur ses derniers albums produits : Rouleaux compresseurs des Angels et Typhon de Jacques Koyo Chairman.

Propos recueillis par ADIO BACHIROU

MANAGERS Afrique : Deux ans pour préparer les albums des Angels et de Jacques Koyo Chairman. Vous ne pensez pas avoir trop faire languir les mélomanes ?

Denidé : Écoutez, nous avons voulu insuffler de la joie, de la moralité et de la perfection à ces albums. Raisons pour laquelle, cela nous a pris tout ce temps. Sortir un album, c’est également beaucoup de souffrance. Je ne vous parle pas du choix des artistes à produire. C’est tout un processus. Si je prends le cas des Angels, nous avons mis la barre très haut, en choisissant des choristes qui ont des voix hors-normes. Et de plus, lorsque l’on est préoccupé par la qualité du son et la compétence des paroliers, l’on ne peut pas faire les choses dans la précipitation. Le même souci d’être performants, la même recherche de qualité nous a amenés à faire tourner en partie le clip des Angels par un drone ; avec l’idée assez originale de faire escorter, au début du clip, la voiture des chanteurs par sept motards. L’idée des motards dans le clip est la mienne. Je me suis souvenu de mon enfance lorsque je voyais mon père faire escorter sa voiture officielle par sept motards. Et pour disposer de ces motards qui apparaissent dans le clip, j’ai tout simplement écrit à la Direction générale de la Police congolaise, qui a donc répondu favorablement à ma doléance. C’est le lieu de remercier tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à la réalisation de ce clip.

En parlant justement des Angels, pourquoi ce titre de Rouleaux compresseurs ?

Cela traduit simplement une disposition d’esprit, le mental fort du groupe de jeunes qui jouent sur cet album. C’est dire qu’ils ne sont pas des novices, n’ont pas de temps à perdre, décidés qu’ils sont à séduire et conquérir très rapidement le cœur des amoureux de la bonne musique africaine ou d’inspiration africaine. Certes, ils sont jeunes, mais ils sont très ambitieux, et l’on doit désormais compter avec eux.

Encore faudra être original si l’on veut frapper fort dans l’imaginaire des mélomanes. Quelle est l’originalité des Angels ?

Non, ils n’ont pas un style vraiment approprié. Le disque Rouleaux compresseurs sorti dans les bacs contient de l’afro zouk, du R’N’B mâtiné de hip hop, de la rumba, de la rumba saccadée, du coupé décalé ou même de la salsa. Les Angels sont également aptes à se produire dans les célébrations de mariage ou d’anniversaire. S’agissant de Jacques Koyo Chairman, c’est un artiste que l’on ne présente plus. Souvenez-vous de sa mélodie Engondza (marteler le sol avec les pieds) sur laquelle de célèbres artistes comme Koffi Olomidé ou Zaiko Langa Langa ont dansé !

Pour revenir à Denidé Productions, après 32 ans de passion musicale, quelles sont vos satisfactions et vos regrets.

J’ai eu beaucoup de satisfactions avec ma maison de production. Des regrets ? Pas vraiment. Disons que la période des Extra Musica a été une période assez douloureuse. Car, pendant que moi je m’échinais à faire la promotion de leur album, des personnes mal intentionnées leur ont fait miroiter des promesses irréalisables à Brazzaville pour les détourner. Eux étant jeunes, n’avaient pas compris ma philosophie qui était de faire en sorte que chacun d’eux parvienne à la réussite matérielle, et non pas le seul chef du groupe. Mais, je ne leur en veux nullement. Moi je continue d’avancer. Vous voyez bien qu’après eux j’ai produit avec succès de nombreux autres groupes à l’instar des Patrouilles des Stars.

A quand une tournée de promotion pour les Angels ?

Franchement, je n’en prévois pas dans l’immédiat. Je ne confonds pas vitesse et précipitation. J’aime poser des pas sûrs avec mes poulains, afin de ne pas reculer. De plus, l’expérience vécue avec Extra Musica m’a servi de leçon. J’avais commis l’erreur de les emmener à Libreville se produire en spectacle après leur premier album. Eh bien, ce fut un fiasco, la salle était presque vide ! Je ne vais pas recommencer avec les Angels. Ces derniers doivent se construire d’abord de la notoriété. Et ensuite, il leur faudra un autre album de confirmation de leur notoriété, avant d’envisager une tournée de promotion.

* L’album Rouleaux compresseurs des Angels est déjà en vente à Paris, Brazzaville, Pointe-Noire, Kinshasa et peut être écouté en streaming sur deezer et i tunes.