La jeune romancière nigériane-américaine est devenue l’une des nouvelles références de la littérature anglophone. Le conte fantastique est le genre littéraire où elle excelle.

Par ADIO BACHIROU

On la compare souvent à J. Rowling, la célèbre auteure de la saga littéraire Harry Potter. La comparaison peut paraître démesurée mais elle n’est pas usurpée. Car Tomi Adeyemi, qui vit à San Diego en Californie et qui a étudié la culture et la mythologie africaine à l’université de Salvador de Bali au Brésil après son diplôme de littérature anglaise obtenu à Havard, a convaincu les critiques littéraires américains par la maturité de son écriture de contes fantastiques. Tant et si bien que la maison d’édition réputée Macmillan a signé avec l’écrivaine de 23 ans un contrat d’un million de dollars pour sa future trilogie Children of blood and bone (Children of Orisha), des romans destinés aux ados et aux jeunes adultes. Tomi Adeyemi, qui est également coach en écriture créative à travers son site tomiadeyemi.com est la 3eme auteure d’origine africaine ainsi privilégiée, après la Camerounaise mbolo Mbue, vivant à New York, et la Ghanéenne Yaa Gyasi qui habite à Huntsville, dans l’Alabama. Le site tomiadeyemi.com est reconnu comme l’un des 101 meilleurs sites de coaching par le Writer’s Digest et son lucratif contrat inclut les droits d’adaptation cinématographique de sa trilogie (dont le 1er tome paraîtra en mars 2018) par Fox 2000 Temple Hill Productions. Tomi Adeyemi espère juste que cette adaptation cinématographique ne prendra pas trop de liberté avec son oeuvre initiale. Car, s’agissant par exemple de la saga Game of the throne, certains personnages qui meurent dans la série ne l’étaient pas dans le livre ; l’intrigue de la série ayant été drastiquement simplifiée.

Children of blood and bone est l’histoire d’une jeune fille, Zelie Adebola, révoltée contre un roi-dictateur. Traumatisée par la mort dramatique de sa mère (les gardes du roi avaient attaché celle-ci à un arbre pour la torturer), Zelie Adebola va s’employer, au prix d’aventures héroïques, à retrouver le totem sacré qui permettra au peuple d’Orisha de renouer avec les divinités yoruba et ainsi de retrouver pour cent ans leurs pouvoirs magiques. Ce conte fantastique n’est qu’un prétexte pour Tomi Adeyemi pour philosopher et s’adonner à la satire sociale. Elle traite ainsi de la question raciale dans les sociétés, de même qu’elle fustige toutes les formes de brutalité policière, de pouvoir coercitif et d’oppression. « …C’est comme ça que j’essaie d’aider le monde. C’est ainsi que je peux protester et dire quelque chose … » confie-t-elle mi-juillet 2017 au magazine américain Teen Vogue.

Inspirée par le film Hunger Games, Tomi Adeyemi ne pensait pas au début devenir écrivaine, elle s’était juste juré de publier un seul livre. Aujourd’hui, elle a à coeur d’être une source d’inspiration pour les jeunes filles noires que de gagner beaucoup d’argent. « Mon souci est qu’une jeune lectrice noire se reconnaisse à travers mes livres, assure-t-elle sur son blog. Je veux qu’elle se sente fière et bien dans sa peau, même si la moitié de l’humanité lui répète qu’elle ne sera jamis Hermione Granger (l’un des principaux personnages de la saga Harry Potter).