Ayo

Musique - Ayo

La sérénité retrouvée à travers un troisième album flamboyant, Billie-Eve.
Ce disque est un album personnel, car Ayo a connu des moments très durs, à la suite d’une grossesse extra-utérine. Elle a alors compris à quel point la vie pouvait être courte. Une dépression s’en est suivie et la chanteuse anglo-nigériane a voulu arrêter la musique. Partie se ressourcer en Jamaïque, elle eut envie de chanter de nouveau. La catharsis opérée fit produire un miracle. Elle est retombée enceinte, et commencera l’enregistrement de son album, à travers lequel elle a surtout voulu offrir aux mélomanes un son plus électrique, avec une nette prédominance de la guitare. Ayo, dont le prénom signifie joie en langue yoruba, est une artiste qui travaille rapidement. Elle est connue pour passer très peu de temps en studio. L’artiste a trop besoin de spontanéité et d’exprimer ses émotions sur l’instant.

Elle privilégie la première prise de son, qui est pour elle « le son authentique, le plus vrai, un véritable tapis fait main », malgré les erreurs de gamme ou de notes et autres imperfections acoustiques.

C’est cette touche personnelle qui lui a assuré la gloire. Et il lui a fallu du temps pour réaliser ce qui lui arrivait, ce changement soudain de statut. Mais, Ayo n’est pas une fille du star system, elle garde la tête froide. Les émotions fortes partagées avec le public lors de ses concerts lui suffisant, elle évite autant que faire se peut les soirées et autres cocktails bling bling, où les stars font assaut de luxe et de frivolité. Ayo regrette les années 1960-1970, où il existait une vraie communauté entre les différents protagonistes de l’industrie du disque. L’osmose était alors parfaite tant sur le plan musical que spirituel. Cette époque fut celle d’artistes authentiques, alors qu’aujourd’hui, on voit trop de chanteurs formatés.

L’artiste qui estime aujourd’hui avoir retrouvé « sa paix intérieure » ressent beaucoup d’amour pour Paris, où elle aime également travailler. Elle s’y sent heureuse ou mélancolique. A chaque fois qu’elle s’installe dans la capitale française, elle éprouve toujours des sentiments extrêmes, de telle sorte qu’elle songe sérieusement à chanter en français ; car les chansons de Gainsbourg comptent beaucoup pour elle. Les interprétations de Maxime Le Forestier l’émeuvent tout autant que les ritournelles de Brel. A propos de ce dernier, Ayo assure qu’elle « n’a jamais vu un artiste dégager autant d’émotions !