Aïssatou Diamanka-Besland

Littérature

Aïssatou Diamanka-Besland

Fille de tirailleur sénégalais, Aïssatou Diamanka-Besland est née en 1972 au Sénégal. Troisième d’une fratrie de quatre sœurs et trois frères, son enfance se passe à Pikine, son lieu de naissance, une banlieue de Dakar. Elle y commence ses études primaires et secondaires jusqu’au Brevet. Elle choisit la Série D (scientifique) mais son professeur de français l’oriente en série A (littéraire). Elle obtiendra son BAC au Lycée Lamine Gueye de Dakar.

Aïssatou Diamanka-Besland entreprend des études de lettres au département d’anglais de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, et en même temps au British Consul où elle atteint le Level 6. En 1997, elle s’inscrit à l’ISSIC (l’Institut supérieure de l’information et de la communication) où elle obtient un BTS en Information et communication.

Elle arrive en France en 1999 et entreprend des études de Sciences Politiques. Elle obtient successivement une Licence et une Maîtrise. Après un DEA (Diplôme d’Études Approfondies), elle s’inscrit en Thèse de Sciences Politiques et travaille sur l’intégration des Immigrés, à l’Université Paris X Nanterre.

Ecrivant des poèmes et des chansons depuis l’âge de 12-13 ans, à son arrivée en France elle devient observatrice de cette société si proche et si lointaine. Ce qui la pousse à reprendre ses textes qu’elle écrivait déjà au Sénégal pour se lancer dans sa quête de monde meilleur. L’immigrée se pose des questions face à cette société de la liberté et se rend très vite compte qu’il lui faudra dix fois plus de patience, dix fois plus de compétences, dix plus d’armes pour se prouver, et dix fois plus de temps pour être reconnue. Sans perdre espoir, elle cumule d’abord plusieurs petits boulots. En 2009, elle devient la représentante de « France multiculturelle » pour la section du département des Hauts-de-Seine. Ce collectif milite pour l’égalité politique, économique et juridique de tous les citoyens français, indifféremment de leur couleur de peau, de leur religion ou de leur origine.

Aïssatou Diamanka-Besland est co-auteur du livret du « Requiem noir », un texte sur l’esclavage joué et chanté sur Scène à Dakar et en Ile de France entre 2006 et 2007. Son premier roman, Le pagne léger, est publié en 2007 aux Éditions Henry, Collection les Écrits du Nord. Dans celui-ci, elle se penche sur la condition de la femme. Le deuxième, Patera, paru en 2009 toujours aux Éditions Henry, traite de l’immigration. Ce dernier a été salué par la critique littéraire. En 2010, Aïssatou change de registre et se lance dans son premier essai : Fracture identitaire ! À Baltazare, il n’y a pas d’ascenseur dans la cité. C’est l’histoire de Sambel, Yama, Biram, Alboury, Bougouma, Idy, des Français d’origine étrangère. Leur père est venu en France à la fin des années 60 pour y travailler et qui, grâce au regroupement familial, fait venir leur mère Khady. Les parents sont déchirés entre retour au pays et intégration à la société française tandis que les enfants, Français de couleur aux prénoms exotiques, sont confrontés à la discrimination et à la recherche de leurs repères identitaires. Truffé d’humour, Fracture identitaire ! À Baltazare, il n’y a pas d’ascenseur dans la cité dépeint somme toute la vie au quotidien d’une famille d’immigrés et de leurs enfants dans la société française.
Par OUSSOUF DIAGOLA, chef d’enquête