Portrait Mouftaou Badarou Edito

L’échec n’est pas le contraire de la réussite, mais son brouillon

Vous êtes ambitieux, n’est-ce pas, admiratif des icônes de la réussite, et aspirant à votre part de gloire ? Tenez-vous prêt à travailler, travailler et encore travailler, quand bien même vous seriez fatigué ! Car ce surcroît d’effort fera votre différence. Vous voulez réussir ? Attendez-vous à échouer cent fois ! Mais souriez à chaque échec, persuadé que le succès peut vous tendre les bras, une fois vos premiers revers franchis. Si vos activités sont légales, si vous n’êtes pas un arnaqueur, vous devez faire de la persévérance votre credo, l’échec doit fortifier et décupler votre combativité. La majorité de ceux qui vous paraissent si chanceux, sont passés par là.

Vous voulez goûter aux délices de la réussite ? Il est 3 h du matin, et vous n’arrivez pas à vous rendormir ? Ca tombe bien ! Agissez dans le sens de votre prochaine réussite. Revoyez le slogan de votre produit, ébauchez ou peaufiner un courrier destiné à un client, que vous terminerez au bureau, refaites le plan d’attaque du lendemain, ajoutez-y d’autres idées. La réussite est une belle princesse qui aime mettre ses prétendants au défi. Pour accéder à son palais de marbre et de robinets d’or, vous seriez parfois contraint d’emprunter le sentier sinueux de l’échec. Mais votre acharnement ne devra pas perdre de son souffle. N’accordez pas trop d’importance à un échec momentané. Il n’est que le brouillon de votre réussite. Les commerciaux aguerris ne le savent que trop. 20, 40, 90 rendez-vous infructueux ? Quelle importance ! Pourvu que le 91ème ou le 92ème gonfle votre chiffre d’affaires ! L’acharnement est donc, répétons-le, le premier commandement d’une personne ambitieuse.

« Je cours longtemps sur la route avant de danser sous les projecteurs », disait le boxeur Mohamed Ali. Vous aussi, ami lecteur, bombez le torse, dégainez votre sourire le plus charmeur, huilez votre discours, rajustez vos réparties, et partez à l’abordage.

De même, pour une équipe de foot, peu importe les tirs au but ratés ou les passes à l’adversaire, l’essentiel est de mettre au moins un but dans les filets adverses pour gagner le match. Ce n’est pas la fin du monde pour un entraîneur dont l’équipe perd d’abord des matchs, si celle-ci arrive au finish en tête du championnat. Les promoteurs de magazines ou autres chefs d’entreprises connaissent la rengaine. Vous pouvez perdre de l’argent pendant les deux ou trois premières années du lancement. Votre succès, votre rentabilité se construira dans la durée.

2 septembre 2014

Pierre Péan est descendu bien bas

En soufflant sur les braises de la gabonité, dans son brûlot Nouvelles affaires Africaines, mensonges et pillages au Gabon, l’auteur a étonné plus d’un observateur politique. Pierre est un écrivain à part, dans l’univers littéraire français. Peu d’écrivain ont autant fait leur fonds de commerce du sensationnel. L’homme fait l’objet d’au moins un procès par an ; certains retentissants, d’autres moins médiatisés. D’aucuns diraient que l’incroyable M. Péan attire à lui les procès, comme un aspirateur avale la poussière !

L’Afrique est si lasse de tous ces pseudo journalistes d’investigation, adeptes de la masturbation intellectuelle, et qui construisent au quotidien des cases de médiocrité où ils enferment ses chefs d’État. Nous Africains sommes bien fatigués de ces pseudo spécialistes en spécialités spécialisantes de l’Afrique qui veulent nous apprendre comment manger le manioc.

J’ai entendu parler du livre pour la première fois en lisant La Lettre du Continent, donc bien avant sa sortie. Je suis parti fin novembre 2014 à la FNAC de Châtelet-les-Halles à Paris sans le trouver : « ah ! le livre de Pierre Péan, rupture de stock chez l’éditeur », me dit le vendeur du magasin, d’un air détaché. J’ai pu lire le livre dans sa version PDF mise à ma disposition par un ami Togolais. J’avoue que l’ouvrage truffé de « on m’a dit que », « untel m’a assuré », n’a pas ébranlé ma conviction sur la filiation du Président Ali Bongo. Ce brûlot qui nourrit la polémique sur l’honnêteté du dir’cab du Président rend-il service aux Gabonais ? J’en doute fort. Ce livre est juste une cocotte minute pour macérations névrotiques où la haine du Président et la détestation de son dir’cab cuisent à l’étouffé ! Sous Bongo père pourtant, Pierre Péan virevolte du palais du bord de mer au domicile de Mba Abessole, il va et vient, batifole dans de luxueux hôtels de la capitale et aujourd’hui livre son Président à la vindicte populaire. Cinquante années de relation d’amour et de révulsion lient ainsi Pierre Péan au Gabon. Il fallait que l’auteur en veuille particulièrement au Président Ali Bongo et à son dir’cab pour donner ce cachet pousse-au-crime à son livre. Un livre qui galvanise les opposants mais horripile les Gabonais républicains, respectueux des institutions de leur pays; et toujours prêts à réagir contre la lapidation livresque de leur Président. Tout patriotisme est un combat, dit-on. Et tout combat juste anoblit son auteur.

Défendre son pays, c’est défendre ses institutions.
 
2 Janvier 2015