Portrait de Jean fidèle Otandault
Le choix d’une personne inconnue dans la haute administration économique et financière locale ne pouvait que susciter la curiosité de ses futurs collaborateurs et interlocuteurs. Le promu en était conscient et savait qu’il devait convaincre. Après un temps d’observation relativement court, l’expert-comptable, par ailleurs commissaire aux comptes immatriculé à la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), a conclu que le Contrôle financier avait besoin d’une réforme en profondeur au Gabon. Il en a convaincu les plus hautes autorités et le service s’est mué en Direction générale du contrôle des ressources et des charges publiques (DGCRCP).

Sachant que les réformes ne seraient pas toujours bien accueillies, surtout dans une administration où certaines habitudes étaient devenues la règle, Jean-Fidèle Otandault a d’abord privilégié la communication. Premièrement en direction de ses collaborateurs, à travers des sessions de formation aux nouvelles procédures de traitement de dossiers. Ensuite en direction des prestataires de services et du grand public, à travers des campagnes de sensibilisation et des sketches diffusés à la télévision, dans lesquels ont joué des figures montantes du cinéma gabonais. Le directeur général se réjouit du résultat : « Désormais, tout le monde sait que l’Etat ne paie plus qu’après avoir constaté que le service a été correctement fait. »

En contrepartie, les délais de paiement des prestations aux opérateurs économiques ont été considérablement raccourcis. Pour le personnel de la DGCRCP, le traitement est devenu plus humain.

Lui-même Jean-Fidèle Otandault descend en permanence sur le terrain, afin de vérifier l’exécution des travaux. Non pas qu’il ne fasse pas confiance à ses collaborateurs, mais parce que « la confiance n’exclut pas le contrôle ». Il sait qu’aucun reproche ne lui sera épargné en cas de défaillance de sa part.

Hormis les chantiers en cours, le directeur général s’intéresse aux anciens dossiers. C’est ainsi qu’il a exhumé celui des fêtes tournantes. Sous le président Omar Bongo Ondimba, ce système de célébration rotative de la Fête nationale (17août) dans chacun des neuf chefs-lieux de province a nécessité la sortie d’énormes sommes d’argent affectées à la réalisation de plusieurs projets d’utilité publique. Sauf que beaucoup d’entre eux n’ont jamais vu le jour. D’autres ont été exécutés sans que les cahiers de charges aient été vraiment respecté. Les conclusions d’Otandault ont été transmises aux autorités compétentes pour les suites nécessaires.

Jean-Fidèle Otandault n’en finit pas de remercier le président de la République de lui avoir donné l’occasion de servir son pays à un niveau aussi élevé. Avant sa nomination, il n’avait travaillé que dans le privé. A la fin de ses études supérieures, il a été cadre de banque à Paris, avant de passer dans le secteur pétrolier au sein du groupe Total au Gabon, en Mauritanie et en Suisse. En 2006, il a créé un cabinet d’expertise-comptable à Evry, en région parisienne.

Devenu directeur du Budget et des Finances Publiques, Jean-Fidèle Otandault envisage de prendre une part active à la création d’un Ordre d’experts-comptables au Gabon. « Les experts-comptables peuvent contribuer au développement de l’économie de notre pays. Pour la pérennité des entreprises qui se créent, ils sont d’un apport incontestable par leurs conseils. Un code de déontologie et un règlement intérieur garantissent la qualité et la crédibilité des prestations des experts-comptables », affirme-t-il. Son cabinet est disposé à former ses jeunes compatriotes désireux d’embrasser cette carrière.